J’ai pris mon premier cours de hatha yoga il y a 20 ans, au Népal dans un champ au-dessus du Lac de Pokhara au milieu du tournage d’un film Bollywoodien !

La découverte de l’ashtanga est arrivée l’année suivante dans un shala à Edimbourg, en Ecosse. En 2003 je tombe sur l’école de Mysore de Lyon qui vient d’ouvrir et je fais la rencontre de Pierre Baronian et Jenny Vanneufville. Je suis leur enseignement depuis et leur suis infiniment reconnaissante pour tout ce qu’ils m’ont donné, appris, les personnes qu’ils m’ont permis de rencontrer et le chemin sur lequel ils m’ont mis.

Je suis une voyageuse sportive avec une souplesse de base très limitée ! La pratique des asanas n’a rien de facile pour moi.

Un des premiers yogas sutras (1.20) liste les qualités fondamentales du pratiquant et enseignant de yoga. La première qualité s’appelle “Shraddha” en sanskrit ce qui se traduirait par “avoir une confiance immuable d’être sur ce chemin”, une sorte de foi inébranlable. Je n’ai aucun doute que le chemin du yoga est bien le mien.

Quand j’ai commencé, je me souviens m’être dit avec un grand soulagement “voilà un endroit où il n’y a rien à atteindre, rien à attendre, pas de challenge, pas de jugement”. Je suis restée sur ce principe sûrement parce que la magie de la pratique opère au quotidien sans cette quête d’avancement de la “prochaine posture” ou de la “posture parfaite”. Il est aussi pour moi source de Joie, celle qui ne dépend de rien d’autre que de l’état d’Être.

D’une pratique irrégulière surtout basée sur l’aspect physique (les asanas) au début, j’ai évolué chaque année vers plus de compréhension du yoga, de sa philosophie. Son appel s’est fait de plus en plus fort.

“Shraddhâ virya smriti samâdhi prajnâpûrvaka itareshâm.”

Pour les autres cet état de samâdhi se manifeste en suivant le chemin de la foi, de la perséverance, de la vigilance, de l’équanimité et de la sagesse.

Patanjali Yoga Sûtra 1.20

Un stage en Grèce sur l’île de Paros avec les professeurs australiens Graeme & Leonie Northfield m’a fait basculer dans une pratique quasi quotidienne. J’ai par la suite découvert d’autres professeurs (Sheshadri & Harish à Mysore, Manju Jois, le fils de Patthabis Jois). Deux voyages en Inde ont renforcé le lien avec les racines du yoga et ont nourri ma fascination pour ce pays. Au fil des années, le pranayama, les mantras, la méditation dont une retraite Vipassana, les textes, la macrobiotique sont venus enrichir mon expérience de la pratique posturale.

En 2019, j’ai eu un véritable appel pour intégrer la formation d’enseignants d’ashtanga (500H) de Pierre Baronian & Annick Goueslain à Lyon. Le confinement est arrivé alors que je rentrais de  Mysore, en Inde, là où est né le yoga ashtanga. Dans un élan, je me suis lancée à donner des cours en ligne à mon entourage proche pour traverser cette période anxiogène. J’ai fini par donner des cours quotidiennement pendant les 55 jours de confinement !

Notre petit groupe de 5 est passé à 30 grâce au bouche à oreille…Nous avons exploré, rigolé, grimacé, essayé de chanter, de plier des orteils récalcitrants, d’ouvrir des hanches fermées, de faire le “pigeon mort”, du “yoga mou”, des Ôm, des voyages sonores….J’ai compté, compté et compté jusqu’à 5 sans compter. Après deux mois, l’aventure ne pouvait pas s’arrêter là. Alors, je me suis lancée…